Quelques extraits de « Mise en bouche » pris au gré des pages tournées par un doigt aveugle.

Il avait prévu de les pendre écologiquement, par les pieds, après les avoir recouverts de miel et avec deux chèvres pour compagnes. (Mise en Bouche – La séparation des pouvoirs)

À part une ou deux filières non recommandables qui s’ouvraient à Jean-Martial, il est évident que la multitude des solutions de reclassement qui s’ouvraient à lui et qui faisaient souvent défaut pour la majorité des chômeurs, serait sans doute une des meilleures voix de sortie du chômage de masse vers le rêve du plein-emploi. Ne serait-ce qu’en l’écrivant, Jean-Martial venait de trouver un débouché de plus : créer un bureau d’études sur les bienfaits d’un séjour pénitentiaire pour non travailleurs de manière à leur ouvrir l’esprit vers une multitude de nouveaux débouchés.
(Mise en Bouche – vraiment le bordel dans le monde -)

Il est un truisme de constater que des adultes, de surcroît parents eux-mêmes, s’en prenant sans raison directe à des enfants, sont des gens pour le moins peu recommandables. Sont-ce de simples insectes telles les reines arachnéennes, qui plutôt que de dépérir, préfèrent, manger les œufs qu’elles viennent de pondre. Est-il normal de nuire à un être sans défense pour espérer corriger ses propres défauts ?
(Mise en Bouche – Samedi 29 avril)

Jean-Martial le rebelle refuse de passer sous les fourches caudines de l’administration et de se plier à certaines absurdités imposées par une administration parfois kafkaïenne.
( Mise en Bouche- extraits d’Épilogue )

Son expression traduisait le fait qu’elle était consciente que son affirmation découlant de sa parfaite, sans doute, connaissance du Code de la route post-séparation et divorce n’était peut-être pas digne de l’inventeur ou de l’inventrice du fil à couper le beurre mais plutôt de celle ou celui du mouvement rotatif continuel dont l’attraction centripète spécifique empêchait toute libération.
(Mise en Bouche – Pique-Nique –)

Dès son entrée en prison, voire déjà dans la geôle du greffe de la préfecture de Police avant ou après sa brève entrevue avec l’adjointe de la Préfète, Jean-Martial de Brise conçut ce séjour comme une nouvelle découverte, une nouvelle initiation que la vie lui offrait. Compte tenu du fait, il savait que ce serait plus une contrainte qu’une joyeuse découverte d’une nouvelle œuvre humaine, vielle comme Érode ou presque, qu’il n’avait encore même jamais imaginé connaître un jour.
(Mise en Bouche – vraiment le bordel dans le monde –)

Donc en fait, l’État allait le condamner en plus de sa peine de prison à payer un impôt sur le revenu estimé qu‘il aurait dû payer comme s’il avait travaillé normalement ou légalement. Jean-Martial se dit qu’il regarderait la question à sa sortie de prison histoire de se cultiver sur, imaginait-il, un moyen efficace de réinsertion supplémentaire inventée par l’administration pour perpétuer les récidives de ses hôtes ou en tout cas garder les centres d’exploitation, les sources d’emploi de ses invités, en fonction.
(Mise en Bouche – à prohiber –)

Cela lui permettrait sans doute de faire une économie temporelle, de raccourcir le délai d’attente de la réalisation de la renaissance de sa liberté bien que celle-ci contrairement à la réduction de son espace de vie personnel, pour l’instant, soit en complète expansion jusqu’à extinction de sa rétention, pour réalisation de la peine infligée par cette satanée administration en communication avec la perversion de réalisation, suite à l’extinction d’une certaine union qui eut pu mieux se poursuivre sans disparition d’une certaine cohésion qui sans fusion néfaste ni profusion de vils sentiments eut permis une meilleure qualité d’excitation avec ou sans succion préalable, frontale ou latérale mais du moins buccale.
(Mise en Bouche – l’effet -)

Tout ceci permettant une plus grande fluidité dans la section de la première allitération tout en constituant une excellente introduction à la deuxième partie de ce livre consacré aux aventures tout aussi réelles qu’irréalisables sans humour de Jean-Martial qui après avoir brisé tous les écrous petit à petit redeviendrait ce qu’il n’avait jamais ne serait-ce qu’estimé ou rêvé être… En tout cas, sous son incarnation présente.
Sous cette incarnation où depuis longtemps, il était sans réaction. Hormis quelques rares épisodes répétés et répétitifs, il fallait qu’il mette de l’effet et pas coupé mais lifté et il se promit de mettre tant ses détracteurs que ses futurs lutteurs sous perfusion.
(Mise en Bouche – l’effet –)

La seule chose qui lui importait était dans cet instant de laisser se dérouler le film de son séjour dans cette mauvaise maison d’inconvenance administrative.
(Mise en Bouche – 10 ans plus tard – Première prise)

Super, un flic de moins !
Lui, il s’en fout, sa brigade de protection est armée de Kalachnikov avec des autocollants NPA qui doit vouloir dire Nique Pour l’Armée ou un truc comme cela, non ?
Bravo aux policiers et à leurs proches pour l’abnégation devant les manquements de la Justice et du Pouvoir.
Il faut arrêter !
Quand ces gens rendront-ils des comptes ?
(Mise en bouche – Flash info du 20 avril 17)

Pour sa part, Jean-Martial ne comptait que sur l’expression de suffrage de soutiens amicaux pour l’aider à retrouver le chemin de la réussite professionnelle du passé. Il continuerait d’essayer de briser ces mauvais codes qui lui avaient été imposés, tatoués de force. Il y parviendrait par leur dénonciation et surtout la démonstration des nuisances assénées en totale impunité par des gens, dont tout un chacun était en droit d’attendre de leur part l’expression de la réelle Justice.
(Mise en Bouche – Immuable évidence)

« C’est une honte », clame haut et fort Jean-Martial, « les abus de l’Administration sont innombrables. Je n’ai rien vu de positif dans tout ça. Pour corriger un abus, on en rajoute d’autres. J’ai écrit à de nombreux ministères, à la Procureure de la République de Nanterre, mes différentes plaintes n’ont jamais été saisies. On nous impose un schéma, une méthode, une route à suivre, si on ne la suit pas, on est sanctionné, même si la raison, le bon sens, est de notre côté ». ( Mise en Bouche- extraits d’Épilogue )

À son réveil, il a tout de même pensé à son rendez-vous psychologique de l’après-midi. Que va-t-il bien pouvoir lui raconter ? Lui demander ? À l’origine, il a pensé la consulter pour lui demander la ou les recettes pour lutter victorieusement contre les perversités narcissiques de son ex-épouse, et surtout des quelques juges dont il a été l’instrument. Il se doute bien que cela risque de ne pas aboutir tout de suite. En tout cas, cette question est bien de nature à l’aider dans sa quête… Obtenir des jours de Remise de Peine Spéciale. (Mise en Bouche – Mercredi 26 avril)

Ce jour-là, Jean-Martial ne sera peut-être plus là et il s’en contrefiche. L’essentiel est qu’à partir de ce moment-là, la France pourra vraiment progresser dans une conception sociale plus saine. Les adultes pourront se regarder dans une glace en étant en phase eux-mêmes et avec l’enseignement prodigué auprès de leurs enfants.
Ce jour-là, les prisons ne comporteront plus que de vrais nuisants.
(Mise en Bouche – Substance à prohiber )

« Ces gens estiment tout savoir, ils n’écoutent pas, vous avez systématiquement tort ».
Heureusement qu’à la sortie, ses enfants étaient là pour lui venir en aide et lui trouver un toit. Six mois passèrent avant qu’il puisse toucher enfin le RSA pour se nourrir. 6 mois aussi pour qu’il puisse avoir une carte orange pour se déplacer… Des fois qu’il ait besoin de travailler plutôt que de faire la manche pour se nourrir. Cela bien sûr du haut du Pont où sa mise en prison l’eut obligé à dormir dessous.
( Mise en Bouche- extraits d’Épilogue )